Tout savoir sur la réalisation d'un ragréage mural

Dans le cadre d’une rénovation de bâtiment, les professionnels se heurtent à diverses sortes de problèmes : plafonds dégradés, sols décrépis, peintures défraîchies, murs fendillés par endroits, etc. Ce sont là des défauts qui requièrent certains traitements particuliers.

Pour le nivellement et la correction des murs abîmés par exemple, le ragréage se présente comme une solution adéquate : une opération qui implique des techniques et produits bien particuliers. Alors, qu’est-ce que le ragréage ? Quelles sont les particularités d’un ragréage mural et comment réussir ce dernier ? Découvrons plus en détail le ragréage mural et les étapes de sa réalisation.

Comment réaliser un ragréage mural-1

Quels types de ragréage pour quels atouts ?

Le ragréage est une opération consistant à appliquer un mortier ou un enduit de finition sur un support, dans l’optique de le mettre à niveau ou de l’aplanir.

Les types de ragréage

Différentes sortes de ragréage existent, et elles s’appliquent en fonction des besoins techniques bien précis. Les divers types de ragréage doivent, par ailleurs, leur existence aux différents mortiers utilisés lors des opérations.

Le ragréage classique

Encore appelé « mortier de ragréage traditionnel », le mortier de ragréage classique est un liant fin aisément polissable, utilisé pour réaliser le ragréage dit classique. Le ragréage classique est fait avec un dosage de ciment de deux à trois cubages de sable ultra fin, auxquels est ajouté un cubage d’eau. Il faut préciser que le sable doit être tamisé pour la circonstance.

Par ailleurs, des additifs spéciaux sont désormais ajoutés au mélange pour optimiser le rendement du ragréage, même si la réussite de l’aplanissement dépend de la compétence du professionnel sollicité.

Le ragréage moderne

De nos jours, pour effectuer un ragréage, des mortiers hydrauliques prêts à l’emploi sont utilisés par les professionnels du bâtiment. Autonivelants ou autolissants, ils sont préparés pour un ragréage simple et rapide.

Les mortiers modernes en poudre sont mélangés à de l’eau, selon un dosage minutieux. Ils sont fabriqués avec une substance initiale d’accroche que l’on ajoute au mortier. Les mortiers modernes dits « bicomposants » (toujours en poudre) sont à malaxer avec de la résine et de l’eau, pour une obtenir une bonne résistance.

Le ragréage particulier ou spécial

Ce type de ragréage s’effectue sur des matériaux autres que le béton. Le bois, à titre illustratif, peut faire l’objet d’un ragréage particulier ou spécial. La différence avec les autres types de lissage se situe donc au niveau de la surface à niveler.

Les ragréages spéciaux sont opérés dans les immeubles très anciens, notamment lorsque les propriétaires souhaitent installer du carrelage sur leur plancher en lieu et place du bois. À l’instar des ragréages modernes, les ragréages particuliers ne sont guère à la portée de tous, du fait de leur prix assez élevé.

Les atouts du ragréage

Généralement, on effectue un ragréage sur les surfaces en béton très dégradées après le retrait d’un revêtement précédemment posé. Ainsi, l’enduit et les mortiers utilisés dans le cadre d’une opération de ragréage corrigent les imperfections et les dénivellements. À la suite d’un ponçage, le support ragréé peut accueillir un revêtement comme la peinture ou le carrelage.

En outre, selon le type de construction, son ancienneté, parfois même le milieu, et selon les spécificités de l’opération, les termes de lissage, de resserrage ou de rebouchage sont utilisés pour faire allusion au ragréage.

Comment réaliser un ragréage mural-2

Le ragréage mural proprement dit : matériel et étapes de réalisation

Le ragréage mural se fait à l’aide de certains outils, et suivant une procédure bien prédéfinie.

Le matériel nécessaire pour un ragréage mural

Pour bien réaliser un ragréage mural, il faut un certain nombre d’accessoires, parmi lesquels :

  • l’aspirateur ;
  • la ponceuse ;
  • le mortier de ragréage ;
  • le primaire d’adhérence ;
  • le rouleau ou le pinceau ;
  • la brosse ;
  • l’enduit de ragréage ;
  • quelques outils de maçonnerie (truelle, niveaux) ;
  • etc.

Les précautions sécuritaires

Certains réflexes sont primordiaux dans le cadre d’un ragréage, tant pour la santé des exécutants que pour la réussite des travaux. Pour la protection personnelle, il est important de mettre des chaussures de sécurité, des lunettes de chantier, un masque, des gants et une tenue de chantier adaptée, pour éviter le contact avec les produits et pour s’épargner les éventuelles allergies cutanées. Cette mesure permet également de prévenir les irritations des voies respiratoires.

Les ouvriers sont par ailleurs tenus de consulter les fiches de données de sécurité des produits et matériaux de travail avant utilisation.

Les étapes d’un ragréage mural

Il est possible pour un propriétaire de maison, soit d’effectuer lui-même le ragréage mural, soit de faire appel à un professionnel. Dans l’un ou l’autre des cas, la technique de ragréage reste la même, même si l’utilisation du matériel et le professionnalisme mis à l’œuvre pourraient être différents.

La préparation du mur à ragréer

Avant de procéder au ragréage du mur, il faut le préparer au préalable. Ce qui revient à nettoyer les poussières et autres impuretés qui y sont présentes, à l'aide d'un aspirateur. L’état du mur peut tout de même requérir plusieurs étapes de nettoyage avant d’être prêt pour le ragréage.

Le nettoyage permet un contrôle de l’état réel du mur, et permet de s’assurer de sa netteté (pas de bosses, pas de creux ni d’écarts de niveau d’au-delà de 5 mm). Si des creux sont constatés, ils doivent être rebouchés un à un, à l’aide du mortier hydraulique garnissant, avant d’être lissés. En cas d’écarts de plus de 5 mm, le ragréage complet devrait régler l’anomalie.

Il faut également souligner que le ragréage n’est possible que sur une épaisseur comprise entre 3 et 10 mm. Si cette donnée n’est pas respectée, la réalisation d’une chape ou d’une dalle en béton devra être envisagée.

Les contrôles préliminaires

Concernant les vérifications préliminaires, deux éléments doivent faire l’objet d’inspection : le taux d’humidité et la porosité du mur. Pour vérifier le taux d’humidité du mur, il suffit de coller un bout de film plastique sur la surface. Si des gouttelettes d’eau s’y forment après quelques heures, alors le mur n’est pas assez sec, et il faudra le laisser sécher pendant 45 jours au moins.

Quant à la porosité, il suffit de mesurer le temps que prend une bonne tâche d’eau à se faire absorber. Si l’eau est absorbée en moins d’une minute, le mur est très poreux. Si elle est absorbée entre 1 et 5 minutes, la porosité est assez normale. Une durée de plus de 5 minutes indique plutôt qu’il s’agit d’un mur fermé. Une fois le degré de porosité identifié, le choix du primaire d’adhérence adapté au mur est plus simple.

La phase de ragréage mural

Une fois la préparation et les contrôles préliminaires du mur effectués, il ne reste qu'à procéder au ragréage mural. À cet effet, l’enduit doit être préparé selon la nature du mur, et en fonction des prescriptions d’utilisation mentionnées sur la notice. L’idéal est de se servir d’un malaxeur électrique de bonne vitesse pour obtenir un produit assez homogène.

À l’aide d’une truelle flamande ou d’un autre outil adapté, l’enduit de lissage peut être appliqué sur la surface. L’ouvrier doit opérer des mouvements circulaires sur 1 à 2 m2. Dès que l’application est terminée, il faut laisser sécher pendant un délai raisonnable, en veillant à ne pas créer de courants d’air, car ils peuvent causer des fissures. Pour finir, il sera possible de procéder à la pose du revêtement choisi.

En définitive, le ragréage mural est un ouvrage de maçonnerie qui se fait selon une procédure complète et précise, ayant pour but d'aplanir la surface sur laquelle elle est appliquée, afin de la rendre prête pour un revêtement.

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