Le ragréage de sol autonivelant : mode d’emploi

Une des ultimes étapes lors de la construction ou de la rénovation d’une maison consiste à poser le revêtement au sol. Les matériaux sont nombreux : carrelage, parquet, linoléum, moquette, etc. Malgré leur différence, ces produits ont un point commun, ou devrions-nous dire un inconvénient commun. Leur pose ne peut s’effectuer que sur un sol parfaitement plat, lisse et droit.

Parce que couler une nouvelle chape de béton pour égaliser votre sol n’est pas une partie de plaisir, laissez-nous vous parler du ragréage.

Qu’est-ce que le ragréage ? La réponse à cette question est aussi simple que l’utilisation d’un produit de ragréage : il s’agit d’un enduit à appliquer afin de récupérer un sol comme neuf. En outre, le ragréage peut être autonivelant, idéal donc pour retrouver un sol de niveau.

Nous vous expliquons ici les avantages du ragréage autonivelant et les détails de sa mise en œuvre.

Pourquoi et comment faire un ragréage autonivelant ?-1

Les bonnes raisons d’utiliser un ragréage autonivelant

Le ragréage est un produit de plus en plus utilisé, aussi bien dans le cadre d’une rénovation que d’une construction neuve. Et pour cause, c’est un produit peu coûteux et simple à utiliser.

Il s’agit d’un enduit à base de poudre de mortier (ciment), de charges minérales et d’adjuvants vendu par sac de 25 kg en général. L’ajout de fibre (ragréage fibré) lui confère une résistance encore plus importante (pour une utilisation en extérieur principalement).

Le ragréage est plus au moins liquide selon son type d’utilisation. En effet, il est possible d’appliquer le ragréage au sol, mais également sur un mur. La consistance du produit lui confère donc certains attributs. Ainsi, un ragréage très liquide possède l’avantage d’être autolissant, c’est-à-dire de s’uniformiser de lui-même.

Dans le cas qui nous concerne, le ragréage autonivelant est également un enduit très liquide. C’est en outre ce qui lui permet de se répandre et de corriger les irrégularités de niveau du sol. Néanmoins, sa composition diffère de celle d’un produit autolissant, dans la mesure où il est plus résistant. En effet, le ragréage autonivelant est conçu pour corriger des défauts plus importants, entre 2 et 4 cm d’épaisseur (2 cm maximum pour le ragréage autolissant).

Mais le ragréage autonivelant possède d’autres avantages :

  • un temps de séchage très rapide (entre 2 et 6 heures selon la marque du produit) ;
  • une grande résistance, il peut également être utilisé en extérieur, dans les zones de passage très sollicitées (sol de garage par exemple), etc. ;
  • une application sur de nombreux supports (dalles, carrelage, plancher en bois, plancher chauffant, panneaux de bois, chape anhydrite, etc.) ;
  • une application à nu, c’est-à-dire sans être recouvert par un revêtement (il peut être coloré).

Les produits de ragréage se présentent donc sous la forme de poudre prête à gâcher (à mélanger dans de l’eau).

La différence entre la chape et le ragréage

Ce qui précède vous renseigne donc sur les limites des produits de ragréage. Tout défaut supérieur à 4, voire 5 cm, implique d’opter pour une autre solution. Selon la surface au sol à traiter, il peut être parfois plus simple de couler une chape, que l’on appelle chape de ragréage, car elle doit être moins épaisse qu’une chape en béton classique.

Précisons qu’une chape de ragréage ne bénéficie pas d’un pouvoir autolissant ou autonivelant. Il s’agit ni plus ni moins d’un mortier constitué d’eau, de ciment et de sable à appliquer et à lisser manuellement (y compris pour la chape liquide, technique qui plus est complexe).

En outre, la chape de ragréage étant plus épaisse, elle nécessite d’un temps de séchage bien plus long qu’un enduit de ragréage. Bien entendu, une chape de ragréage est inesthétique, la pose d’un revêtement est indispensable.

Pourquoi et comment faire un ragréage autonivelant ?-2

L’application du ragréage autonivelant en pratique

Ragréer un sol consiste donc à en effacer les défauts de planéité (creux ou bosses), les problèmes de niveau (décalage de hauteur) ou encore de remédier aux irrégularités, comme reboucher un trou.

Comme nous l’avons mentionné, le ragréage autonivelant permet de récupérer le sol sur une petite épaisseur (entre 2 et 4 cm). Précisons également que ce type de produits ne peut pas être utilisé sur un sol en pente ou un mur, puisqu’il est liquide.

En pratique, ragréer un sol (intérieur ou extérieur) avec un produit autonivelant demeure relativement simple.

Étape 1 : la préparation du support à ragréer

Bien que le ragréage permette de corriger les défauts du sol, il faut néanmoins préparer le support avant d’appliquer le produit. La préparation du sol consiste à :

  • retirer tous les revêtements souples, comme la moquette ou le lino (dans le cadre d’une rénovation) ;
  • retirer toutes les impuretés sur le sol (colle, graisse, résidus de l’ancien revêtement, etc.) ;
  • repérer et reboucher les fissures (facultatif pour les microfissures) ;
  • repérer les défauts du sol à l’aide d’une règle de maçonnerie et reboucher au mortier les irrégularités ponctuelles de plus de 3 cm d’épaisseur, comme les creux ;
  • délimiter la zone à ragréer, comme les seuils de porte (à l’aide de tasseaux de bois et d’un joint en silicone) ;
  • protéger les murs d’éventuelles éclaboussures à l’aide de scotch de masquage ;
  • protéger les tuyaux, canalisations et gaines électriques d’une bande de mousse compressible.

La surface à ragréer doit être propre, sèche et rigide. À ce moment seulement, il convient d’appliquer un produit primaire d’accrochage. Le primaire d’accrochage a pour rôle d’augmenter l’adhérence du ragréage au sol. En outre, il permet de réguler la porosité du sol pour faciliter l’autonivelage, tout en réduisant l’apparition de bulles à la surface du ragréage.

Cette couche préparatoire s’applique au rouleau sur l’ensemble de la surface à ragréer. Un temps de séchage doit être respecté (se conformer au temps indiqué par le fabricant) avant de passer à l’application du ragréage.

Étape 2 : l’application du ragréage autonivelant

La préparation du mortier de ragréage est très simple, il suffit de respecter les recommandations du fabricant. Mais avant de vous lancer dans la préparation du mortier de ragréage, assurez-vous de ne pas être dérangé. En effet, la durée d’utilisation maximale du ragréage est de 20 minutes. Passé ce délai, le produit commence à prendre.

La préparation consiste à mélanger la quantité d’eau recommandée, puis d’y verser progressivement la poudre de ragréage. Nous vous recommandons d’utiliser une poubelle de chantier, ou à défaut, un grand seau.

Mélangez bien le produit, 2 minutes minimum, le mieux étant d’utiliser un malaxeur électrique à vitesse lente ou le cas échant une perceuse-visseuse équipée d’un embout mélangeur. Enfin, laissez reposer le produit quelques instants afin que les bulles d’air remontent à la surface.

Une fois qu’il n’y a plus de bulles d’air (environ une minute), versez le produit au sol sur une petite zone, 2 m² maximum. Petit conseil accessoirement utile : commencez par le fond de la pièce opposé à la sortie. Puis, lissez le ragréage par des mouvements de va-et-vient à l’aide d’une lisseuse afin de bien répartir le produit.

Procédez ainsi sur toute la surface du sol, en veillant à recouvrir une partie de la zone précédente afin de lisser la jointure.

Une fois la mise en œuvre achevée, laissez sécher le produit de ragréage selon le temps de séchage indiqué sur la notice d’utilisation (entre 2 à 6 heures). Passé ce délai, vous pouvez retirer le scotch de masquage et procéder à la pose de votre revêtement.

Bien plus simple et plus rapide que la chape de ragréage, cette technique permet de combler les défauts mineurs d’un sol. Néanmoins, cette solution reste un peu plus coûteuse qu’une chape. Il faut compter environ 6 euros par m² au total (avec le primaire d’accrochage), contre 3 à 4 euros par m² pour une chape de ragréage.

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